SAÅAD / INSIDEN | Split


BLWBCK036 | Release Date : 13th May, 2013
Tape {100 c.} C60 + insert / Digital
Co-released with In Paradisum (IP007)

Co-released by In Paradisum & BLWBCK, this split release offers two live improvisations for more than 50 minutes of pure contemplation. The Saåad’s side is inspired by the tibetan sky burial ceremony, questioning our relation to the body and the impermanence of life. Symbolized by the death of ego and attachment, “The Charnel Ground” is certainly the most lightning work of the Toulouse-based duo. Based on analog synthesizers, the 3 movements are dominated by ethereal melodies and warm tones, revealing a new side of the Saåad’s music, outside their usual darkness.
Insiden are four member act bringing together Guillaume Mikolajczyk, Romain De Ferron, Amédée De Murcia (aka Somaticae) and Hugo Saugier. Sharing with Saåad an inclination toward in situ improvisations, ’24 XI 12 11H03 – 11H28 AM’ is their first output ever recorded. Based on Noise generator, Synthethisers, Electric cello and Vocals, their 3 movements illustrate a colorful trip with nocturnal flavors, where runs slowly an introspective piece which outspread from a peaceful intro to a eerie percusive mid-part to finish in a out-of-time mood.

A1. Saåad – The Charnel Ground (25:25)
MI – Atmayajna
MII – Body-Breakers
MIII – I See The Callus On Her Soul

music improvised and performed by Greg Buffier & Romain Barbot.
Recorded in Feb 2013, Toulouse (France)

B1. Insiden – 21 XI 12 11H03-11H28 AM (25:36)
music improvised and performed by Amédée De Murcia, Guillaume Mikolajczyk,
Hugo Saugier & Romain De Ferron. Recorded on that precise day and time,
at 12 avenue Paul Krüger, Villeurbanne (France)

Mastered by Byron Christodoulou in Feb 2013, Athens (Greece)
Art direction & layout by Jules Estèves & Romain Barbot
http://saaad.bandcamp.com
https://soundcloud.com/insiden

PRESS QUOTES

Avouons-le d’emblée: s’il y a un sous-courant de la musique électronique qu’on ne s’attendait pas à voir gigoter de sitôt, c’est bien le dark ambient. Tombé de la cuisse de la musique industrielle au coeur des années 80, le genre a certes des maîtres aux oeuvres complètes passionnantes (Lustmord, Rapoon, Zoviet France…) mais se traîne un cortège de casseroles de l’envergure d’un compte secret aux îles Caïmans (cf. les logos semi-fachos, les artworks gothiques, les sites encyclopédiques russes) . Encore une fois, on applaudira donc le miraculeux décloisonnement entre les dynasties techno, noise et indie wock pour passer nos idées reçues au karscher: plus la peine de collectionner les bouteilles d’absinthe ou de connaître par coeur la chronologie des Croix-de-Feu pour apprécier un bon drone noyé dans de la reverb’. Ainsi les jeunots français des collectifs Saåad et Insiden (au sein duquel on retrouve le décidément très doué Somaticae), élevés à des choses noise, hantologiques ou techno toutes très chics et qui revitalisent aujourd’hui plus ou moins volontairement les oeuvres au noir de Thomas Köner, Lustmord ou Deutsch Nepal. Co-éditée par le label toulousain BLWBCK (voué à toutes les musiques “capables d’émuler les effets psychotrope et la contemplation et qui procurent simultanement du plaisir et de la tristesse abyssale”) et l’In Paradisum de Mondkopf et Guillaume Heuguet, cette split-musicassette propose deux longues plages improvisée à l’ancienne, sur instruments anciens et sans partition qui n’auraient certes pas dépareillé dans une compilation Noise Museum il y a quelques années mais qu’on écoute surtout bien mieux une fois délesté de toutes références ou de trop pesantes arrières-idées. On s’y sent à la fois mal et bien, on y reconnecte avec pas mal de sentiments et sensations un peu oubliés, on est surtout ravis que des gens de moins de cinquante-cinq ans ressortent les violoncelles et les bardas mystico-théoriques (le bouddhisme tibétain pour Saåad, l’in situ pour Insiden) avant d’ouvrir les robinets. – Olivier Lamm for THE DRONE

« Il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement. » Bouddha. Préparez-vous, lentement, doucement, imperceptiblement à nous rejoindre aux enfers. Descendez tranquillement parmi ces abysses où toute lumière et tout espoir auront disparu. Mettez le casque (la chaine hifi) à fond, installez-vous confortablement. STOP. Blackout. Plus de bruit. Plus de respiration. Plus de pouls. Plus rien. Le nirvana. Coco-Rico. La France, un des plus beaux pays du monde (paraît-il), 5e économie mondiale en terme de PIB, avec une culture riche présente sur les 4 continents reste pourtant plus qu’en retrait lorsqu’il s’agit de musique, « mainstream » ou pas. Les compositeurs français ayant réussi une carrière internationale restent en effet peu nombreux, et surtout lorsqu’il s’agit de musique électronique. Et encore, ceux-ci s’installent le plus souvent à l’étranger pour pouvoir plus facilement rayonner, New-York, Chicago, Berlin étant des centres culturels très attractif, car avouons-le, la scène française était amorphe jusqu’il y a peu.
Saåad fait partie de cette nouvelle génération de producteurs français bien décidés à faire entendre leur voix. Si au début Saåad est le projet d’un seul homme, le toulousain Romain Barbot, ce dernier fait cependant appel par la suite à Greg Buffier pour former un duo aux sonorités opaques voire fantomatiques. Long format sorti sur le label de Romain, Blwbck, Split est la réunion de Saåad avec un quatuor français, appelé Insiden, provenant de l’écurie In Paradisum. La première piste provient de Saåad, la seconde d’Insiden, et sont tous deux des improvisations dans un genre dark-ambient drone descendant directement de génies comme Lustmord, Atrium Carceri, Mika Vainio… L’édition de cassette de 100 exemplaires est partie comme des petits pains, il vous faudra vous « contenter » de l’édition digitale sur bandcamp (ou alors prier pour retrouver un exemplaire sur discogs)! C’est tout à l’honneur des 2 groupes, surtout que la qualité est au rendez-vous. Si Orbs & Channels était résolument la face sombre de Saåad, The Charnel Ground, s’avère lui légèrement plus céleste. Quoi que… Quel titre étrange d’ailleurs, il fait explicitement référence à certaines pratiques tibétaines ancestrales en perdition car victimes de la modernité. En effet, The Charnel Ground et le nom de la terre sacrée qui accueille encore aujourd’hui dans les reliefs de l’Himalaya les corps de nombreux bouddhistes. Tout cela ressemble très fortement à nos coutumes occidentales me direz-vous. A ceci près que ces corps ne sont non pas enterrés mais laissés à la lumière du jour à la vue des vautours afin qu’ils se repaissent de cette ancienne enveloppe charnelle. Charmant n’est-ce pas ? The Charnel Ground est le territoire où l’on célèbre l’impermanence de la vie, ce moment où l’on passe de vie à trépas puis inversement, car toujours la conscience dans la mort s’éveille et renaît encore une fois ; encore une infinité de fois. Rien de mieux que le drone nébuleux de Saåad pour rendre justice à ces coutumes séculaires. Les nappes sourdes s’amplifient au fur et à mesure que l’on pénètre dans ce brouillard d’un blanc laiteux, elles nous semblent immobiles, et nous sommes comme emmitouflés dans ce manteau de brume. Progressivement le venin se répand, l’étau se resserre, à tel point que ç’en devient presque irrespirable. Jusqu’au moment où l’on remarque que cette structure éthérée est en perpétuelle évolution et exhale l’odeur de la mort. En effet, une sorte de chant religieux est présent à l’arrière-plan de cette scène gigantesque, rassemblant les monts de l’Himalaya défiant les nuages. A mesure que le temps passe, des ombres apparaissent furtivement au-dessus de nos têtes. Les vautours sont là, prêts à dévorer ces cadavres purifiés. La piste d’Insiden s’avère être tout aussi introspective que celle de Saåad. Le drone s’avance tout aussi lentement, des grincements (de portes ?) semblent provenir d’un vieux manoir sinistre et rongé aux mites. L’atmosphère devient encore plus lugubre lorsque des percussions résonnent à l’intérieur de cette demeure. Les coups sourds défoncent la bâtisse tandis que notre sang se glace à l’écoute de ce chaos. Chaos pour le moins organisé quand on y repense, c’est suffisamment libre pour laisser notre esprit dériver, mais suffisamment structuré pour apercevoir des schémas de répétitions, aussi fugaces soient-ils. Mais pas de répit pour l’auditeur car après ce carnage, le violoncelle a subi tant de transformations qu’il en devient presque méconnaissable et joue des notes stridentes afin de mettre une dernière fois nos nerf à vif. Ainsi donc il n’existe rien de constant, si ce n’est le changement; ces deux improvisations en sont la preuve. Loin d’être figé ces textures rampent insidieusement dans nos oreilles et occasionnent des dommages assez irréversibles. L’écoute de ce disque n’est certes pas chose aisée mais lorsque l’on parvient enfin à comprendre le sens de ces murmures tempétueux provenant de lieux mystérieux où les lois de la physique semblent nous avoir abandonnées, vous pourrez enfin apprécier ces improvisations à leur juste valeur. Saåad et Insiden sont 2 formations supplémentaires à suivre de très près. – SeekSickSound

This split conjures up images of ghosts. Within these two pieces there’s a sense of old areas long since abandoned. Spirits rule over these empty spaces. Aural elements run wild in these two tracks. Each artist employs aspects of civilization’s presence in the area. For sometimes it can be something from far away. Other times it can be as simple as a drip, or a clock. Certain moments try to erase this trace of humanity yet no amount of filters can ever remove it. Insiden’s piece is certainly the stranger of the two. Presenting a comforting drone for the first seven minutes it turns down a particularly ugly path. The distorted wail is reminiscent of Zoviet France’s creepiest transmissions. Machines are being tortured in this section. Eventually the machines are morphed into an otherworldly choir backed by industrial effects. By the end of the track only static remains. Saåad’s piece is far more menacing. No respite exists for the overwhelming drone. Through its slow but steady buildup it takes over everything devouring natural sounds in its path. Volume plays a crucial role in how the sound morphs into something truly beautiful and terrifying at the same time. Less diverse than Insiden’s track it is defined by its limitations. Actually this extreme focus gives it strength. The minimalism supports its ambitions. Both of these pieces celebrate the long-since passed presence of humanity. Now there exist only traces, shadows where there once were living creatures. – Beach Slot (7.4/10)

Septième sortie de l’excellent label In Paradisum, en collaboration cette fois avec BLWBCK, et preuve une fois de plus que l’esthétique techno/indus du label français est totale – voire totalitaire ces temps-ci – ce split album explore les tréfonds de l’histoire drone pour en revenir avec une œuvre assez magistrale. Point de techno de cave ici, les deux titres composés par les deux formations françaises travaillent dans de la nappe au kilomètre, pour une formidable épopée dark-ambient pour tous les amateurs de rêves sombres. Si les disques de drone (au sens large) sont légion, on soulignera le travail attentif et minutieux présentés sur cette K7 (dont les cent copies sont écoulées, on espère que vous avez été rapides sur la balle): alors que Saåad propose de la suspension pure – leurs jeux de lumières sont aussi brillants que diffus – Insiden magnifique ses vingt minutes avec des claviers tonals foutrement bien placés. On soulignera la présence de Somaticae dans cette deuxième formation, preuve que ce gars a véritablement de l’or dans les doigts. Du dynamisme et de la grosse composition; la recette est simple mais nous montre que ces jeunes-là méritent vraiment leur place chez les plus grands (même si leur carrière n’est qu’au point de départ). France’s Got Talent. – Goute Mes Disques